Grand Raid 2OO9 - Partie 3

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20 Comments    30-10-2009


Comme dans un rêve, le jour se lève sur St Denis.

Aurère : 63 ème en 21 H 52 (33 H 51 en 2008). Je marche jusqu’au départ de la descente vers deux bras. D’aurère à la rivière, je n’ai vu strictement personne. Le vide complet. Sauf, excusez moi : un tangue. J’ai du le réveiller et prenant peur, il s’est jeté dans le ravin. J’ai assisté au suicide d’un tangue. En tout cas, je suis sûr d’avoir été témoin de cette scène… Passons cet épisode tragique… Moi qui craignais les traversées de rivière et bien pas de soucis. Le boulot a été super bien fait. Chapeau. Deux bras : 60 ème en 23 H 18 mn (35 H 50 en 2008). Je trouve deux gars qui se motivent en disant : « allez plus que dos dane et après cela fait que descendre…. ». Pas exactement si je puis me permettre…… Après 7 mn et un bout d’orange, je repars pour cette montée que je déteste tout simplement. Un cauchemar en 2007 pour le semi raid, une horreur au grand raid 2008. Cette fois, cela se passe bien mieux. Je retrouve certains raideurs qui sont à l’agonie dans la pente. Un gars du sud de la France n’a plus de force, je lui donne un gel qu’il prend tout en pleurant. Il me remercie 50 fois. Je l’entendais encore me remercier plusieurs minutes après, alors que nous étions très éloignés. Puis, je sens que la fin de la montée est proche mais elle n’est jamais là !! j’ai trouvé cette partie longue mais longue. Enfin, la route. Je crie un bon coup et réveille les chiens du coin, je suis surmotivé. Je me mets en marche active, et dès l’église passé, je commence à courir. Quoi, on ne passe pas par le raccourci cette année, il faut faire le tour du village par la route !!! Et bien, je pense que certains ne vont pas être contents ! Le stade approche, j’aperçois ma dream team auquel s’est rajouté Aurélie. Dos d’âne : 46 ème en 25 H 35 (39 h 42 en 2008). Je n’en reviens pas. Je me ravitaille sous les encouragements de Patrick (copain de club). Je sens que je suis en train de réaliser la course parfaite. Je parle sereinement, je ne me sens pas fatigué. Mes proches me diront qu’ils ont découvert un autre Arnaud, « les yeux du tueur ». Je leur donne rendez vous au Colorado. Jusqu’au piton batard, je me suis senti en grosse pression, en relançant, et en me retournant régulièrement pour voir si des frontales n’étaient pas à mes trousses. Il y a un an sur ce même sentier, je luttais juste pour lever les jambes. Rapidement, j’ai compris que j’étais au dessus de mon rythme et que je pouvais le payer cher. J’ai un peu ralenti même si je voyais deux frontales se rapprocher de moi. Je double sur la crête un concurrent qui est pris de crampes. Je lui donne un comprimé d’homéopathie. J’attends avec impatience le kiosque daffouche. Mon strap commence à s'enlever et pendouiller, cela me gène de plus en plus. Je demande un ciseau au ravito mais personne n’en a… Je fais un nœud de strap, ce n’est pas grave, je vais faire avec. 3kms de route forestière interminable jusqu'au moment où je vois une frontale déboucher d’un raccourci bien connu des locaux. Cela m’énerve un peu mais rapidement je me réjoui. Deux gars de l’organisation viennent à la rencontre du coupeur tricheur et lui font faire demi-tour !!! Bravo à l’organisation. Il faut que cela se sache, c’est pour ça que je relate ce fait. Chemin goyavier où je ne pense qu’à une seule chose la boule du Colorado. Je persévère sur la boule, j’y pense et y repense. Quelle belle boule ! Cela descend, cela monte et ainsi de suite. Tiens un contrôle sauvage. Salut les gars, bon week end ! Je repense à ma galère de l’année passée dans ce sentier boueux où j’avais perdu ma sérénité, ma vigilance. La boule en approche, seul dans les hauts de la montagne, j’enfile le t shirt de la course et prend une nouvelle frontale. Colorado : 39 ème en 28 H 52 (46 h17 en 2008). Je peux réellement passer sous les 30 heures alors je ne traine pas. Je demande à Natacha de m’attendre à l’entrée du stade de la redoute. Je ne me pose pas beaucoup de questions, je fonce sous les encouragements de mon team de choc. La douleur aux deux genoux se réveille de plus en plus mais l’approche de l’arrivée atténue mes maux. Je n’oublie pas de boire, de prendre un gel comme à chaque heure depuis le départ (sacré budget quand même). A mi pente, le jour commence à se lever. En contrebas, j’aperçois Christine bénard. Je me fais quelques frayeurs, quelques bonnes glissades mais le stade est en vue. L’émotion me gagne, je me refais la course en quelques secondes, je vais terminer avec une nuit d’avance sur l’année dernière, presque 20 heures de mieux. Me voila sous le pont vin sanh, je suis heureux, fier,….. Cela faisait plusieurs semaines que j’avais imaginé mon arrivée. A l’entrée du stade, je prends par la main Natacha pour faire mes derniers mètres à ses côtés. Ma victoire, c’est la sienne aussi. Et puis, j’ai tenu ma promesse : arriver en entier pour notre mariage qui aura lieu le 19 décembre prochain. Voilà une superbe motivation !!!! Arrivée : 39 ème au scratch (22 ème senior), 29 H 45 min 50 s (49 H 05 en 2008). Merci à mes trois assistantes, à ma famille et ami(e)s en direct ou sur le net, à l’ensemble des bénévoles, des coureurs rencontrés tout au long de l’épreuve. Merci aux copains d’entrainements et bien sûr au coach, au club Deniv. Merci de supporter ma passion qui je l’avoue peut être très envahissante. Une pensée toute particulière aux finishers mais surtout à tout ceux qui ont du mettre un terme à leur belle aventure. Cela n’est que partit remise, la roue tourne. Il n’est pas impossible qu’un jour, votre diagonale se passe comme dans un rêve.

Entrez dans l'univers si particulier de Arnaud.... un monde où s'entremellent de nombreux mots tels la découverte, l'aventure, le voyage,de la bretagne à la réunion.....

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