Grand Raid 2009 - Partie 2

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20 Comments    30-10-2009


Comme dans un rêve, je traverse Mafate.

Mare à boue : 127 ème en 7h20mn (9 H 46 en 2008). Voilà le chemin vers le piton des neiges. Je monte à mon rythme sans m’affoler. Souvent seul, je ne me focalise pas du tout sur les allures des coureurs que je double et surtout pas sur ceux qui me déposent tellement ils semblent à l’aise. Je me connais bien sur cette partie où je m’entraine régulièrement. Toutefois, la dernière portion me semble un peu longuette mais quand j’aperçois le gite, je m’étonne à sourire bêtement. Après 2H 44 de montée, je pointe au gite. Mes 15 kg de moins doivent bien m’aider. Gite du piton des neiges : 103 ème en 10 H 03 min (13 H 48 en 2008). J’apprécie la descente du bloc et comme je suis frais, je sais que je vais m’amuser. La vue est bouchée, c’est bien dommage. HOP, HOP, Hop, un vrai numéro d’équilibriste. Ah non, je commence à sentir les prémices d’une douleur au genou droit. Bizarre, je n’ai jamais eu mal à cet endroit. Je ralentis un peu. Après le bloc, je me retrouve dans un petit groupe avec qui nous descendons à vive allure vers le stade de Cilaos. Je pointe à 11H 13, 96 ème (15 H37 en 2008). Je traverse le stade (4 mn) à toute vitesse pour rejoindre mon assistance qui se trouve au départ du sentier des anciens termes. Après avoir rejoint Christine bénard dans les rues de la cité cilaosienne, je me pose 20 mn sur un bout de gazon. Le team est présent et surmotivé. Il parait qu’elles ont du mal à me suivre. On en rigole. Je me change intégralement, m’étire, mange un minimum (un gâteau apéritif carré, une goutte de cola zéro et une compote) et me gave des bonnes ondes de mes supporters (sur place, mais aussi de métropole via la radio RER). Je les quitte, direction cascade bras rouge. Je me sens léger avec mes trabucco aux pieds. Un contrôle sauvage, une descente sereine, une traversée de rivière épique, une remontée bien costaud. Je rejoins régulièrement des coureurs qui me demandent de passer devant. Je m’exécute et continue mon chemin. Dans cette montée, j’ai emprunté la technique de Marco Olmo, à savoir mains rejointes dans le dos. Ce qui est étonnant dans cette démarche, c’est quelle donne l’impression d’une certaine désinvolture, même pour celui qui l’utilise. Mais, je trouve que cela rend la foulée plus fluide et plus efficace sur terrain en pente sans trop d’obstacles. Pied du taibit, tout va pour le mieux. 88 ème en 13 H03 (19 H 13 en 2008). Pour la première fois du grand raid, je touche à la table de ravitaillement : quartier d’orange, raisins sec. Les filles sont de nouveau présentent. Elles me remplissent mon Kamel back, je fais mes réserves de nourritures pour mafate, prend mon mp3 et je ne tarde pas trop. Dire que j’ai été à deux doigts d’abandonner à ce poste il y a un an. Musique dans les oreilles, je grimpe à une bonne allure alors que la pluie s’invite à la fête. Malgré la douche de ce matin, il faut encore se laver…… Peu de monde sur le sentier. Sensations étranges. Arrivé au sommet du taibit, je prends une grande respiration puis plonge vers Marla. Et,….. « aie » « j’ai mal ». Mon genou droit me fait mal, très mal, j’ai des difficultés pour poser mon pied droit. Je l’avais oublié ce genou !! La galère, je suis un peu dépité en entrant dans Marla. Marla : 78 ème en 14 H 51 mn (22 H 38 en 2008). Arrivé à l’ilet, j’y croise mon propriétaire qui me propose une banquette pour mon studio. Je lui dis « oui oui, on verra ça……. » Puis, je vais voir le médecin qui sera ma bonne étoile sur ce grand raid avec un strap du feu de dieu. Par contre j’ai bien crié, après la diagonale, pour enlever le strap au vu de ma forte pilosité. Merci Arnaud !! Cela parait tellement improbable de rencontrer son médecin traitant en plein mafate avec sa trousse de médecine au moment où on le souhaite ! Il me signale que c’est une tendinite du facia lata. Ah bon, jamais eu celle là…. 15 mn d’arrêt et je repars motivé comme jamais. C’est hallucinant, la douleur s’est super atténué. Par contre au fur et à mesure des kms, le genou gauche commence à faire des siennes. J’ai trop compensé… heuresement, le fait d’avoir retrouvé une foulée stabilisée avec le strap me permet de limiter la douleur au genou gauche. Puis, je me rends compte qu’avec toutes ces péripéties, j’ai oublié de compléter mon Kamel back. Bon, on verra bien. Plaine aux sables, une radio locale m’appelle. Je réponds gentiment en continuant à courir. Je profite de l’antenne pour donner des nouvelles à mes proches. Et oui, j’essaye de rester lucide. Arrivé à trois roches, Pascal Antoniotti me rejoint. Je discute avec lui, et par manque de concentration en traversant la rivière, je glisse et me retrouve les deux pieds dans l’eau. Trois roches : 75 ème en 16 H 19. Je lui emboite le pas jusqu’a roche plate. Nous avançons à un bon rythme. Je ressens un peu de frustration sur le fait de progresser, sans jamais réellement me poser pour profiter des paysages magnifiques que l’on traverse. Mais bon, je suis en train de réaliser une superbe course, je reviendrai bientôt. Promesse faite à Mafate. Je demande à Pascal des nouvelles de Gino. Il ne l’a pas vu depuis Kerveguen où il l’a doublé. Jusqu'à l’arrivée, je me suis dit qu’il allait surement me revenir dessus pour finir ensemble ! Mais non, il est entré dans une autre course, celle du grand raid courage. Malgré ses difficultés d’alimentation durant sa diagonale, il a terminé en 39 h 38. Chapeau garçon. Roche plate : 77 ème en 17 H 30 (27 h 11 en 2008). Super ambiance à roche plate où nous sommes accueillis comme des stars aux sons des djumbé. C’est énorme, merci aux bénévoles pour leur accueil ! Sully, un collègue de sentier, nous encourage à ne pas trop tarder car d’après lui les 30 heures sont jouables. C’est le premier à me parler d’objectif horaire. Ok, pourquoi pas, je me sens bien et 30 h, ça sonne bien !!! Pascal repart vite, moi je ne m’affole pas et prend quand même le temps de reprendre du chocolat, des bouts de banane ainsi qu’une soupe. La nuit va bientôt tomber, je souhaite faire la descente vers le fond mafate de jour. Mon genou me laisse tranquille mais je suis obligé de me freiner un peu. Un mal pour un bien, je le pense désormais. Je rejoins Pascal qui se plaint de nausées, il me dit d’y aller. Je continue mon chemin et la nuit tombe au moment où je traverse la rivière. Génial. Et c’est parti pour la roche ancrée. Que c’est dur de voir ces petits points lumineux si hauts dans le ciel ! J’essaye de ne pas trop y penser surtout que j’ai un coup de moins bien au milieu de la pente. Tout à coup, je me retrouve face à une grande papillote : un raideur emmailloté dans une couverture de survie. Je m’autorise à le déranger, il est transi de froid mais ne peux plus avancer. En effet, il n’a plus de piles dans sa frontale. Etonnant, la nuit vient de tomber depuis 30 mn ! Je lui file trois piles et nous continuons ensemble. La fin de la montée se passe mieux. Descente vers grand place les bas. Cela commence à être compliqué pour certain : « je veux abandonner » « j’en peux plus ». Un petit mot d’encouragement mais pas facile de trouver les mots justes. Grand place : 71 ème en 19 H 45 (31 h 14 en2008). Je m’assois un instant, me ravitaille. C’est alors que passe en vitesse la future vainqueur féminine Emilie Lecomte. Pascal lui aussi arrive. Il fait un peu froid, je ne m’attarde pas. Le chemin jusqu’a aurere se passe sans encombre. Sur cette partie que je connais bien, nous avançons aux sons d’un concert de crapauds. Aurère !!! J’aime bien ce ravito et j’aimerai bien y rester plus longtemps. Ce ne sera pas pour cette année. 3- 4 mn d’arrêt et c’est reparti.

Entrez dans l'univers si particulier de Arnaud.... un monde où s'entremellent de nombreux mots tels la découverte, l'aventure, le voyage,de la bretagne à la réunion.....

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