Grand Raid 2009 - Partie 1

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20 Comments    30-10-2009


Comme dans un mauvais rêve, un départ sous la pluie.

22 octobre 2009, à 20 H 30, je me gare aux abords du stade du cap méchant à St Philippe. Mon visage se crispe en voyant la pluie redoubler d’intensité. Pour passer le temps et l’angoisse, je déguste ma salade de pates et une bonne pomme. A mes petits soins, le team N.A.G : Natacha ma chérie et deux amies (Ghislaine et Amandine). Elles me remontent le moral car la pluie je n’aime vraiment pas ça. En effet, je suis breton et je suis plutôt habitué au soleil ! Vers 22 h 00, j’arrête de cogiter et commence à me préparer. Le moment tant attendu depuis un an est enfin arrivé. Je me la joue un peu à la Zidane, une chaussette avant l’autre, un slip avant un collant,… Et je me dirige vers le stade entouré de mon team assistance. Derniers regards échangées, derniers baisers, derniers « courage, ça va le faire ». Et bien je l’espère. 22H 30, je pénètre dans le parc fermé, fait contrôler mon sac et me voilà en compagnie des autres grands fous. Chacun essaye de trouver un petit coin pour s’abriter. Sous le grand préau, je trouve une petite place où je peux m’asseoir. J’essaye de faire le vide, de faire abstraction de l’évènement, de la pression que certains ont essayé de me mettre depuis plusieurs semaines. Dans mes pensées, je me refais l’histoire de ma diagonale 2008, mon premier grand raid. Une aventure où j’avais survécu en 49 H 05 après avoir été au bout de mes limites physiques et mentales. Un an après, les choses ont changé puisque j’ai pu m’entrainer comme je le souhaitais sans être handicapé par la moindre blessure. J’ai pu vivre une belle année sportive et aujourd’hui, c’est l’occasion de prendre un maximum de plaisir et de me prouver que je suis capable de faire quelques choses de grand. Une heure avant le départ et malgré le temps exécrable, un mouvement de foule nous fait lever vers la ligne de départ. Lève-toi et marche. Ayant anticipé cela, je me retrouve en première ligne. Chouette, cela commence bien ! A mes côtés, les copains de club : Gino et jean Hugues. Comme à leurs habitudes, ils mettent l’ambiance. A contrario, je me fais remarquer par mon silence. Je n’ai jamais été aussi serein avant une course. Les grands noms de l’ultra trail sont appelés pour se placer dans le sas des pros. Je mets enfin des noms sur certains visages. La plupart semble super détendu. Impressionnant. Bon, ce n’est pas le tout, ça mouille et nous avons rendez vous à st Denis. Il est minuit moins 10 s……….. Et nous sommes enfin lâchés !!!!!!! Dès les premiers mètres, je peux courir à mon rythme. Un petit saut de cabri devant mes supportrices et c’est partit. Durant les deux premiers kms, j’aperçois la voiture ouvreuse. Etonnant. Je profite de ce moment magique dans les rues de st Philippe où je me trouve tout proche de la tête de course sous la pluie et les encouragements des spectateurs venus en nombre. Je me surprends à philosopher, à me questionner. Seul, c’est moins drôle alors heureusement je trouve un compère pour discuter : Gino. Jamais couru sous un tel déluge. Nous passons en 13 mn au chemin ceinture, en 31 mn au premier ravitaillement. Nous pataugeons dans cette rivière qui nous fait office de chemin. Gino s’envole un peu, je reste à mon rythme et passe au kiosque de basse vallée en 1H 29. Je fais remplir ma poche d’eau et prend la direction du sentier. La pluie brille par son absence et le chemin est au final peu boueux. Si il y un an ce sentier ressemblait à la route du littoral, je me sens aujourd’hui plus proche du tram train. Cela va plus vite sans les bouchons. A mi pente, je cale à quelques reprises. Je laisse passer quelques personnes avant de reprendre mon avancée. Je m’astreins à une rigueur alimentaire depuis le départ à savoir un gel glucidique par heure auquel s’ajoute la maltodextrine diluée dans l’eau de mon Kamel back. Sur le début du parcours, j’ai peu de repères et attend avec impatience le puy Raymond. Quant tout à coup, je suis surpris de courir sur une surface herbeuse. Là je comprends que le puy est loin derrière. Cela vous boost un homme. Le long de la crête, je prends énormément de plaisir. Tout se passe bien alors pourquoi s’en faire. Foc foc, arrêt très court. Direction le poste du volcan où mon assistance m’attend. Avec d’autres coureurs, nous perdons le chemin.. . Si la nervosité gagne certain, je reste calme. 5 mn de perdu mais ce n’est pas grave, la route est encore longue. A proximité du ravitaillement, ma frontale éclaire moins bien, je sors alors ma lampe à main qui me permet d’avancer sans encombre. Un premier bilan où je me satisfais de mon choix de chaussures : vive les cascadia. Poste du volcan : 101 ème place en 4 H 48 mn (contre 6 H 35 en 2008). Après quelques secondes de recherche, je trouve ma chérie. J’ai fait le choix de ne pas remplir ma poche à eau, de garder mon sac le plus léger possible et de rajouter un porte gourde. Mon arrêt est donc très court et me voilà presque seul à traverser la plaine aux sables. Impressionnant ce silence et si peu de frontale…. C’est vraiment une autre course que je suis en train de vivre. A la fin de ce désert, j’arrive à la hauteur de Gino. Je suis étonné de le voir. Il me dit qu’il est en avance sur sa prévision de 30 h. Du coup, je choisi de ralentir moi aussi et nous montons tranquille l’oratoire. Gino s’est un bavard mais moi quand je m’y mets…….A la fin de la montée, le jour se lève. Jacky Murat nous double. Gino l’interpelle au sujet des 100 kms que Mr Murat organise. « Quelle date pour l’année prochaine ? » « Quoi encore en juillet, ah non, c’est mieux en avril » « en plus, si c’est en avril, je viens et Arnaud aussi ». Ah bon, j’étais pas au courant. Je les laisse parler. Piton textor en approche. Amandine fait quelques mètres avec moi. Je suis super zen, on me le fait remarquer. Cela fait 6 H que le départ a été donné. Je laisse mon bonnet, mes gants et prend ma casquette. En route. Je retrouve Gino, l’informe des maux de ventre inexpliqués qui commencent à me faire souffrir…. Ces douleurs partiront comme elles sont venues. Un mystère, peut être le stress… Au fur et a mesure, sans trop m’en apercevoir, je me retrouve à nouveau seul. Les pâturages, les vaches,…, que j’aime cet endroit. Avant d’arriver à la RN3, Amandine fait de nouveau quelques mètres avec moi. Une fois sur le chemin bétonné qui mène à mare à boue, je rejoints Nath et Gigi. Pause rapide où je change de t shirt, de chaussettes en profitant de me mettre de la crème anti frottement sur les pieds. Je prends comme à mon habitude un gâteau salé carré et une goutte de cola zéro. Je repars, arrive au poste de mare à boue que je traverse rapidement.

Entrez dans l'univers si particulier de Arnaud.... un monde où s'entremellent de nombreux mots tels la découverte, l'aventure, le voyage,de la bretagne à la réunion.....

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